Opposition – Marche de la C64 : mobilisation à Kinshasa, tension et dispersion avant la chute

La Coalition Article 64 (C64) a investi la rue, ce mardi 15 septembre, à Kinshasa, dans le cadre d’une mobilisation annoncée contre tout projet de changement ou de modification de la Constitution. La manifestation s’est déroulée le même jour que la rentrée parlementaire de septembre, donnant à cette journée une forte dimension politique.

À Kinshasa, le rassemblement a finalement démarré depuis l’Échangeur de Limete, après plusieurs heures d’attente. Les manifestants ont été encadrés par un important dispositif de la Police nationale congolaise.

Un compromis avait été trouvé au préalable entre les autorités provinciales et les organisateurs concernant l’itinéraire de la manifestation. Le point de chute initialement prévu au Palais du Peuple avait été déplacé vers le siège du parti ECiDé, situé en face du Stade des Martyrs, afin notamment d’éviter que la manifestation ne se rapproche du siège du Parlement, qui tenait sa rentrée le même jour. Malgré cet accord, la procession n’est pas parvenue jusqu’à son point de chute. Des tensions ont été signalées au cours du parcours et la manifestation a été dispersée avant d’atteindre sa destination.

La C64 avait placé cette mobilisation sous le signe du rejet de toute initiative visant, selon elle, à modifier ou changer la Constitution de 2006. La question constitutionnelle s’inscrit dans un débat politique plus large marqué par l’annonce d’un dialogue national par le président Félix Tshisekedi et par les discussions autour du projet de loi référendaire.

La mobilisation ne s’est pas limitée à Kinshasa. Des manifestations ou tentatives de rassemblement ont été signalées dans plusieurs provinces. À Mbandaka, la marche annoncée n’a pas pu démarrer et des interpellations ont été rapportées. Des incidents et dispersions ont également été signalés à Uvira, dans le Kwilu et dans d’autres villes.

À Kananga, dans le Kasaï-Central, la manifestation prévue par la C64 n’a finalement pas eu lieu, selon les informations rapportées dans la journée. La situation a également été marquée par une présence sécuritaire importante dans plusieurs villes.

À Kinshasa, le déroulement de la manifestation a ainsi illustré la forte tension politique qui entoure actuellement la question constitutionnelle. D’un côté, les organisateurs revendiquent leur droit à l’expression et à la manifestation ; de l’autre, les autorités ont insisté sur la nécessité d’encadrer la mobilisation, particulièrement en raison de sa proximité avec le Palais du Peuple.

La journée du 15 septembre aura donc été marquée par une double actualité : la reprise des travaux parlementaires au Palais du Peuple et la mobilisation de l’opposition dans les rues de la capitale et de plusieurs villes du pays.

Au-delà de la manifestation elle-même, la question constitutionnelle demeure désormais l’un des principaux points de tension du débat politique congolais, alors que s’ouvre une nouvelle séquence parlementaire et que le processus de dialogue national annoncé par le chef de l’État se met progressivement en place.

Pascal Kabisekele

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